Histoire de la Grand-Place : lieu de transactions

La Grand-Place de Bruxelles

Histoire de la Grand-Place de Bruxelles : celle-ci a toujours été un lieu de transactions commerciales. Un lieu d’échanges et de rencontres.

Qui n’a certainement plus aucun point commun avec l’endroit que vous visitez lors de votre séjour à Bruxelles actuellement.

Petit parcours de l’évolution des lois commerciales et de l’extension du pouvoir des corporations au fil des siècles.

pendant une visite guidée de Bruxelles : détail d'une façade de maison de la Grand-Place de Bruxelles, hotel de ville
la Grand-Place de Bruxelles, patrimoine de l'Unesco, en pleine saison touristique

Le marché  ... dix jours ... 16.000 ridder ... pas le premier

Histoire de la Grand-Place de Bruxelles : précision. Vous vous trouvez dans un site touristique. J’aime à rappeler que mon objectif est de vous aider à préparer votre visite de la Grand-Place pour profiter au mieux de votre séjour à Bruxelles. Mon but n’est pas ici de vous tracer un balisage historique de l’évolution du passé commercial de celle qui fut un phare et un exemple pour l’Europe tout entière au temps de sa gloire.

Par contre, en terme de compréhension du rôle de la Grand-Place dans le commerce et les marchés de l’époque, j’aime à utiliser la comparaison avec l’univers des grandes surfaces commerciales actuelles. Le marché de la Grand-Place de Bruxelles pourrait servir de point de comparaison. Depuis la période médiévale, chaque marché avait sa spécialité : marché aux viandes, au pain, au beurre, poisson de rivière, poisson de mer, etc. Ils étaient tous très structurés et spécifiques. Au marché de la Grand-Place, on trouvait un peu de tout. Et aussi le siège des corporations, ainsi que l’hôtel de ville et la maison de l’amman (voir par ailleurs). Autrement dit, une concentration politico-économique.
Dont l’évolution a connu trois grandes étapes.

La plus grande, mais pas la première !

Le marché de la Grand-Place de Bruxelles s’est très vite imposé comme le plus grand et important de la ville. Et ce, dès le 12ème siècle. Il n’en fut pas pour autant le premier. En effet, on conserve un document de 1174 qui atteste que se tenait un marché, devant l’église Saint-Nicolas, située à quelques centaines de mètres de ce qui n’était alors que l’endroit où se trouvait la vieille halle aux blés.

Quand un prince met en gage ses terres contre un marché !

Philippe le Bon, dans les années 1452-1453, avait besoin d’argent. Dont acte. Il trouva écoute attentive à Bruxelles, avec qui il fit affaire. La session d’un marché franc tous les vendredis. Moment-clé dans l’émancipation et l’extension du pouvoir des corporations. Et aussi, accessoirement, un prêt de 16.000 ridder, la monnaie la plus fortes en vigueur alors dans le royaume. Pas folle les guêpes, une engagière (mise en gage) de terres princières fut exigée par les édiles bruxellois. La confiance règne.

Le couple de l’envol

C’est sous Maximilien d’Autriche et Marie de Bourgogne que le marché de la Grand-Place reçut une autorisation qui développa son hégémonie dans l’Europe entière. L’autorisation de tenir deux marchés de dix jours chacun (ce qui était un immense privilège pour l’époque), à l’Ascension et à la Saint-Luc (18 octobre). Marchés qui étaient ouverts aux étrangers (autre immense privilège) … moyennant une taxe perçu à l’entrée de la ville. Quand même !

Histoire Grand-Place Bruxelles : photos de la maquette de Bruxelles au temps de la première enceinte. Objet remarquable qui vous permet de bien comprendre le pourquoi de Bruxelles – comme cà – à cette époque-là. Une halte incontournable lors de votre séjour à Bruxelles : le musée de la ville de Bruxelles. Aussi en visite guidée 😉

maquette de la Grand-Place de Bruxelles au temps de ses origines, au 12 eme siècle

corporations ... monopole ... concurrence ...privilèges

A propos de l’histoire de la Grand-Place de Bruxelles, il faut savoir que la lutte était grande et rude entre les corporations au Moyen-Age. Question d’hégémonie sur le marché, de monopole de la vente ou encore de privilèges dans la gestion des droits sur les commerçants. Florilège.

Les bouchers sanglants

On ne rigole pas quand il s’agit d’imposer ses vues pour conserver le contrôle du marché. Ainsi, la corporation des bouchers, implantée à la maison du cygne, était une des plus riches et influentes dès le quinzième siècle. En 1446, elle obtint de Philippe le Bon, l’interdiction de profession de boucher à tout qui n’était pas « de sang ». La chose fut accordée ! Et le monopole corporatiste de se poursuivre au fil des ans. Quelques années plus tard, c’est à Charles-Quint en personne, que la corporation arracha des privilèges en termes de présence à la magistrature de la ville.

maison du cygne à la grand-place de Bruxelles, siège de la corporation des bouchers

Les tailleurs sur-mesure

La concurrence faisait rage dans le milieu des tailleurs. Aussi la corporation fit voter en 1466, un statut de monopole pour la confection des habits. Devenue hyper puissante, en 1704, histoire de renforcer les caisses de la corporation, elle obtint l’autorisation de prélever une taxe sur chaque habit confectionné par ses membres.
Finalement, quand j’entends les commerçants se plaindre aujourd’hui, je me dis que « dans le temps », ce n’était guère mieux. Ceci étant, les marges n’étaient pas tristes non plus, à l’époque, mais elles sont plus difficiles à déterminer.

grand-place des Bruxelles, siège de la corporation des tailleurs avec Boniface de Mayence au sommet
maquette de la Grand-Place de Bruxelles au temps de ses origines, au 12 eme siècle

commercer  ... couper les mains ... amendes au kilo

Pour comprendre l’histoire de la Grand-Place de Bruxelles, il vous faudra cliquer et zoomer !

Mais ça en vaut la peine. Je me suis permis de vous dresser en parallèle qui peut sembler curieux de prime abord.

On ne badine pas avec les règles commerciales

D’un côté, un extrait du Code de Hammurabi. Il s’agit d’un texte juridique babylonien daté d’environ 1750 av. J.-C.  A la fois le plus complet des codes de lois connus de la Mésopotamie antique … et des codes juridiques tout court. Il peut nous paraître « barbare » et bien dur. Impératif toutefois de voir les choses avec les yeux des gens de l’époque.

D’un autre côté, un extrait de la keure bruxelloise de 1229.
Il s’agit d’une charte, la première,  octroyée à la ville de Bruxelles par son duc, Henri Ier de Brabant. je m’attarde plus avant sur ce grand bond en avant dans l’émancipation pour la ville dans un autre article.
Pour l’instant, retenons que ce texte de 51 articles relève essentiellement du droit pénal et confirme les compétences des échevins bruxellois :je vous parlais bien de libertés. En parcourant l’extrait vous sourirez. Jaune.
Le document cherchait aussi à apaiser l’opposition constante entre l’aristocratie et la bourgeoisie bruxelloises. Apaiser. Vraiment ?
Une fois que vous aurez parcouru les deux extraits, mettez-les en regard et perspective. Une trentaine de siècles et 5.000 kilomètres les séparent. De quoi nourrir une profonde réflexion philosophique autour d’une bonne gueuze après notre visite guidée de la Grand-Place, non ?

Autre extrait de document que je soumets à votre plaisir visuel : il s’agit du règlement de vente et achat, à la halle au drap, durant les quatorze et quinzième siècles. Mettez-vous dans la peau du vendeur et imaginez-vous devoir respecter les pratiques évoquées. Ruminez. Pensez aux pratiques actuelles, à la fois sur les marchés et dans les commerces. Comparez. De quoi s’offrir cette fois, un bon lambic en plus, sur la terrasse qui nous accueillera suite à votre périple bruxellois. On finira scheilzat !

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