Histoire de la Grand-Place : un lieu de supplices

La Grand-Place de Bruxelles

L’histoire de la Grand-Place de Bruxelles. Je vous parie une kriek contre un faro que c’est sur ce bouton que vous avez cliqué en premier, dans la trilogie : tractation, transaction, supplices. Me trompé-je ? Bon, ca y est ! Vous êtes bon pour m’offrir un verre 🍺 dans un caberdouche après notre visite guidée de la Grand-Place de Bruxelles. Sourire assoiffé sur mon visage hilare. 😛

Bon, sérieux. On va parler de mise à mort tout de même.

pendant une visite guidée de Bruxelles : détail d'une façade de maison de la Grand-Place de Bruxelles, hotel de ville
1650, panorama extra muros de la ville de Bruxelles

Le Galgenberg ... pendaison ... prévention

Assez curieusement, l’histoire de la Grand-Place de Bruxellesl n’a pas connu beaucoup d’exécutions capitales au fil des siècles.

Certes, le rôle d’une place publique, et a fortiori lorsque hôtel de ville et maison de l’amman s’y trouvent, c’est l’endroit par excellence où appliquer les condamnations suprêmes. Les bruxellois auraient-ils été plus cléments qu’ailleurs ? Certes pas.

D’ailleurs, les pendaisons furent nombreuses. Mais au Galgenberg, extra muros près de l’actuel … palais de justice, cela ne s’invente pas ! L’objectif des pendaisons à l’extérieur des murs était censé rassurer les habitants. En exhibant les condamnés, les pendards de tout poil étaient censés réfléchir à deux fois avant d’avoir envie d’entrer en ville.

Ci-dessous, des panoramas de la ville de Bruxelles en 1650. Cliquez et zoomer : mes propos ci-avant n’en seront que plus clairs. Photos prises au musée de la ville de Bruxelles, dont je vous recommande chaudement la visite lors de votre séjour à Bruxelles. En ma compagnie ?

escalier extérieur de l'hôtel de ville de Bruxelles

Avant de condamner ... keure ... apaiseurs ... amman

Courage, le paragraphe que vous attendez tant arrive. Histoire de ne pas mourir idiot, laissez-moi quand même vous parler d’une trilogie intéressante.

La keure

A Bruxelles, un premier code de lois est promulgué dès 1229. Il porte nom de keure. Voir un extrait ici. Ce sont les échevins qui font appliquer la loi, pour tout ce qui n’entraîne pas la peine de mort. Ils jugent les délits en lien avec le pouvoir, les meurtres et suicides, la religion et morale, ainsi que tous les conflits relatifs aux biens, domaine fiscal et économique. Vous constatez que c’est déjà pas mal.

Les Apaiseurs

Dès 1343 est créée une cour spéciale : les apaiseurs. Ils sont chargés de faire faire la paix entre coupables et victimes. Cette cour a été mise sur pieds, tellement les vendetta et autres vengeances étaient nombreuses à l’époque. Tout ceci ne résonne-t-il pas en vous comme étant brûlant d’actualité ? En Belgique, nous avons des médiateurs pour les conflits des citoyens avec l’Etat, et une cour de justice pour les arrangements à l’amiable. Interpellant de se dire que cela existait déjà au quatorzième siècle, non ?

L’amman

Au quinzième siècle, l’amman (voir par ailleurs) dispose seulement d’une douzaine de sergents d’armes pour assurer la sécurité, travail de police au sein de la cité. Qui compte tout de même une bonne trentaine de milliers d’habitants. En parallèle de ça, la force de police s’exerce par quartiers, via les bourgeois. Sans doute pouvons-nous établir un parallèle avec le paragraphe précédent. Sans doute. Peut-être est-ce mon esprit chagrin qui se laisse aller à quelque supputation pessimiste sur le genre humain.

scène de condamnation à mort à la Grand-Place de Bruxelles, au temps de l'inquisition

Justice à Bruxelles ... les bûchers ... ben, oui, aussi ...

Dans l’histoire de la Grand-Place de Bruxelles, c’est le paragraphe que vous attendez tant : du sang, du sang, … aaarrgh !

En terme de mises spectaculaires ou significatives, je suis désolé de vous décevoir, mais la liste ne sera pas très longue.

Peines capitales à la Grand-Place de Bruxelles

 

► Tout d’abord, en 1370, suite au procès de la profanation des hosties (voir par ailleurs et sur les vitraux de la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule) des juifs ont été condamnés au bûcher.

► En 1523, un autre bûcher en lien avec la religion, vit trois religieux augustiniens passer de vie à trépas à la Grand-Place. Nous sommes au début des conflits religieux qui ébranlèrent la région. Leur mort marque le début de l’Inquisition menée dans les Pays-Bas espagnols.

► Assez curieusement, on ne garde trace que d’un seul bûcher pour sorcellerie, en 1595. Pourtant la Belgique est réputée pour avoir condamné au bûcher des centaines de braves rebouteuses ou guérisseuses. Oups, je prends parti. Devinez pourquoi ?

► Sans doute la décapitation la plus mémorable, la plus importante et aussi la plus symbolique fut celle des comtes Egmont et Hornes. La plus médiatisée aussi. A l’époque déjà. Je vous raconte cela plus en détails par ailleurs.

► Je vous ai gardé le meilleur pour la fin. En 1529 un porc (cochon, au sens propore, j’en vois déjà qui sourient 😈) fut condamné au bûcher pour avoir tué un enfant. Sans doute les échevins avaient-ils envie de s’offrir un petit barbecue vite fait. Oups, désolé, cela m’a échappé. Ceci étant, les procès d’animaux étaient, si pas monnaie courante, en tout cas bien définis dans les codes juridiques.

Décapitation des comtes Egmont et Hornes à la Grand-Place de Bruxelles, lieu de justice
condamnation à mort à la Grand-Place de Bruxelles, au temps du duc d'Albe
Grand-Place de Bruxelles : condamnation à mort d'un cochon en 1529

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